 Edito: Asseyez-vous et discutez...

Le débat national au cours de ces deux dernières années s’est enlisé dans les querelles de personnes et les problèmes individuels au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation. Les pouvoirs ont été personnalisés et se sont substitués aux lois Républicaines faisant croire à la primauté de quelques personnes sur les institutions et les lois aux-quels tout citoyens est censé se soumettre .Or « nul n’est au-dessus de la Nation ! »Tout ceci , disons-le , contribue ç fragiliser le tissu social guinéen .
Aujourd’hui ,il est plus que grand temps de ramener les personnes , les choses à leur dimension réelle et à leur finalité vraie. Ceci dit , Fodé Bangoura et Mamadou Sylla qui ,malheureusement ont raflé la vedette ces derniers temps au Général Lansana Conté , doivent maintenant s’asseoir pour discuter calmement .Il est temps qu’ils dialoguent .
Ce dialogue que nous leur imposons et qui s’avère être une nécessité est à comprendre et à saisir comme une démarche de rencontre pour mieux apprendre à vivre ensemble .Il est un mouvement de l’un vers l’autre, dans un esprit de vérité, d’humilité, de pardon en vue de se comprendre et libérer la Guinée surtout le peuple guinéen .Le dialogue, nous le disons toujours, est certes une perspective lumineuse , mais il est exigeant.
C’est pourquoi dans le souci de vérité et d’apaisement, qu’il ne soit pas un dialogue de façade , ou ne se réduise à de nouvelles affirmations génériques de principes , ou à des déclarations de bonnes intentions .Il faut qu’il soit le fruit de la charité ,de l’amour du prochain où on doit s’écouter et s’entendre .Car la vérité ,le pardon ,la tolérance sans lesquels le dialogue ne peut se faire ,émanent de la charité.
La crise économique ,politique et sociale que traverse la Guinée laisse croire que le mensonge ,le travestissement des faits ,les manipulations des consciences et la ruse sont les mécanismes de fonctionnement privilégiés dans le rapport entre les citoyens et entre les citoyens eux-mêmes.
Les hommes politiques qui agissent de la sorte infantilisent et avilissent le corps social qu’ils ont la charge de conduire .La résolution de toutes ces réalités exigent que la vérité soit dite au cours du dialogue entre les personnalités qui défraient aujourd’hui la chronique. Le peuple est fatigué et à l’allure où vont les choses, n’a plus besoin de savoir qui a raison ou qui a tort .Il veut une Guinée où les fils s’entendent et marchent main dans la main. Dans le souci de garantir la paix ,(cette denrée actuellement rare dans la sous-région),et d’apaisement des cœurs, Fodé Bangoura et Mamadou Sylla doivent accepter de s’asseoir à la même table et discuter :Asseyez-vous et discuter ! Ensuite une foie assis, repentez-vous avec un cœur contrit puis employez-vous à demander pardon et à vous pardonner mutuellement .
Dialoguer avec un adversaire est certes difficile ,mais pas impossible .Avec l’amour tout est possible. Que dire maintenant aux populations qui désormais ont le regard braqué vers le palais des Nations. Que le peuple se mette au travail dans l’honnêté et la discipline ,oubliant ce feuilleton malheureux qui a pollué l’atmosphère depuis trois ans. Que la presse nationale qui continue de jouer un rôle primordial, évite des dérapages pour ne pas jouer en fin de compte ,un rôle négatif, pour éviter d’être endossée aux différents protagonistes en épousant leurs pensées. Sur ce, nous invitons encore le ministre d’état, ministre chargé des affaires Présidentielles et le PDGdu Groupe Futurelec à s’asseoir ensemble, se regarder droit dans les yeux discuter et se dire la vérité .
Alors Fodé Bangoura et Mamadou Sylla ,libérez-vous !Libérez votre conscience !libérez-nous ! libérez la Guinée ! et la communauté internationale ! Si vous comprenez cela, vous aurez-mis fin à la cacophonie au sommet de l’Etat  Edito: A quoi doit-on s’attendre ?

Il n’y a pas longtemps, ont disait que notre pays avait des cadres mobilisés qui travaillaient uniquement pour servir la nation et non se servir. Un pays où les cadres n’osent pas voler pour se bâtir des châteaux et s’acheter des voitures de luxe sur le dos des contribuables.
Des hommes et des femmes prêts à servir la nation sans condition. Mais à quoi sert aujourd’hui de former des cadres à coup des millions de francs ? A quel résultat aboutit-on lorsque l’on paie et arme des milliers de fonctionnaires dont la principale activité est de ralentir la circulation des biens et des personnes et racketter les acteurs économiques, ceux-là même dont l’activité produit la richesse qui sert justement à payer les fonctionnaires ? On aboutit à étrangler l’activité économique et à ne plus produire des richesses. Il n’y a pas longtemps, notre pays s’est lourdement endetté pour agrandir son port afin que les pays voisins enclavés viennent s’y approvisionner en créant ainsi de la richesse. Mais à quel résultat aboutit-on lorsque l’on paie des douaniers dont la principale activité est de dissuader les pays voisins de venir s’y approvisionner ? On aboutit à ce que ces pays voisins cherchent à s’approvisionner ailleurs, privant ainsi le pays de richesse qu’il attendait beaucoup de son port.
Jusqu’à une date récente notre pays était couvert de forêts dont il tirait une bonne partie de ses richesses. Mais à quel résultat aboutit-on lorsque l’on paie des milliers de fonctionnaires appelés « eaux et forêts » dont la principale activité est de brader cette forêt et de braconner la faune qui s’y trouve ? On aboutit à la destruction de cette forêt et des richesses qu’elle procurait, sans parler des conséquences sur le plan écologique.
Dans tous les pays du monde, les forces de l’ordre servent à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Mais à quel résultat aboutit-on lorsque l’on introduit sciemment au sein de ces forces de l’ordre des gens sans moralité qui utilisent les armes que les sociétés leur a donné pour se retourner contre elle ?
Tous les pays du monde qu’ils soient développés ou non recherchent des investisseurs étrangers ou non, afin qu’ils créent de l’emploi et des richesses. A quoi doit-on s’attendre lorsque l’on incite une partie de la population à saboter et à dénigrer les investisseurs qui créent les richesses ?
Tous les pays du monde cherchent l’harmonie entre les populations qui y vivent. Mais à quoi aboutira-t-on lorsque l’on souhaite et préconise vaille que vaille mettre consciemment tout en œuvre pour que les différentes communautés qui y vivent se haïssent ?
A quoi sert-il dans un pays de construire des écoles et des universités ? C’est pour former des cadres compétents qui feront fonctionner le pays. Mais à quel résultat aboutit-on lorsque dans un pays où l’on envisage que la violence et le crime dans les écoles et les universités ? On aboutit sûrement à des grévistes endurcis qui empoisonnent finalement les couches vertueuses de la société.
Que dire d’un pays qui n’a pas la force de se débarrasser de ces ordures, si non qu’il est pourri ? Pourri physiquement et pourri dans son âme. A quoi faut-il s’attendre lorsque tout cela se passe dans un même pays en quelques années ? Un tel pays est simplement entrain de se suicider. Et c’est bien ce que nous Guinéens voulons réussir à faire. si nous ne prenons garde, nous allons tuer notre pays. Et comment qualifie-t-on le peuple qui regarde tout cela se dérouler sans broncher, chacun ne se préoccupant que de son petit intérêt ?
Par Aminata Camara 
Editorial : Si le sel s’affadit...
«Si le sel s’affadit, avec quoi le salerait-on ?» Cet adage sous forme de question mérite d’être posé, eu égard à ce qui se passe aujourd’hui au niveau de notre système judiciaire. Plus particulièrement à l’intérieur de la chambre des notaires qui s’obscurcit chaque jour que Dieu fait.
Le notariat en Guinée, c’est lieu de le préciser, c’est une véritable chasse gardée ou secte réservée uniquement aux initiés. Il ne reste qu’à écrire au fronton de cette chambre. Ceci : « que nul n’entre s’il n’est du clan ». c’est tout simplement frustrant et scandaleux, pour l’un des pans de notre système judiciaire. La chambre des notaires est aujourd’hui opaque. Rien ne filtre en ce sens que les Guinéens doutent encore de son existence. Y a-t-il réellement une chambre des notaires en Guinée ? Si oui, c’est qu’elle n’est uniquement réservée qu’à un groupe d’individus ou aux gardiens des lieux. Et pourtant, depuis le décret L93/003/CTRN du 18 Février 2003 portant statut des notaires, le gouvernement croit avoir donné la chance à tous ceux qui désirent faire carrière dans le notariat. Mais que nenni ! En fermant la porte hermétiquement aux autres Guinéens, c’est une façon d’affaiblir la justice, notre justice, garante de la société. Avec cet acte de discrimination au sein de la chambre des notaires, avec cette injustice qui frise le sabotage, c’est tout le système judiciaire qui est mis en cause. Avec cette pratique d’un certain âge, c’est la justice guinéenne qui recule. Elle perd la confiance des justiciables. Car que ça soit l’huissier de la justice, le clerc, l’avocat, la notaire, le commissaire priseur etc. Le peuple n’a d’yeux que pour la justice. Il vit parce qu’il y a la justice, il fonctionne par ce que la justice est là. En un mot, le souffle de l’homme ne tient qu’à la justice. Personne n’aime l’anarchie, le désordre et l’injustice. Alors tout ce beau monde qui meuble la justice demeure le grand du peuple. Il ne doit pas faillir à sa tâche. On doit par conséquent ouvrir grandement la porte de la chambre des notaires sans distinction de races, d’ethnies, de religions, et de sexe. C’est une corporation et non une propriété privée ou un héritage pour quelqu’un. C’est une chambre de tous les fils du pays. Un homme de droit est comme un miroir pour le peuple. Il est un modèle. Il est droit . Le Guinéen a trop souffert de l’injustice et de la discrimination. L’exemple doit donc venir des notaires qui établissent la justice dans les familles, dans les cours et sur les terrains. Les notaires qui signent l’acte de naissance des sociétés et entreprises ne doivent pas nous montrer un visage hideux, minés par l’injustice et la ségrégation à l’intérieur de leur chambre. La chambre des notaires doit être aérée et oxygénée et non une chambre noire où on cherche à identifier les faux et les vrais clichés. A bon entendeur salut ! Par Aminata Camara


|